La maladie d'Alzheimer est une maladie neurodégénérative du tissu cérébral qui entraîne la perte progressive et irréversible des fonctions mentales.
Elle est la principale cause de démence chez les personnes âgées, touchant environ 24 millions de personnes à travers le monde.
Le processus neurodégénératif responsable de cette maladie est encore mal connu: il serait dû à la formation de plaques amyloïdes et d'agrégats de protéines Tau, formant les dégénérescences neurofibrillaires. L'atrophie neuronale résultante touche dans un premier temps le lobe temporal interne (et notamment l'hippocampe), puis les cortex associatifs frontaux et temporo-pariétaux à un stade plus avancé.
On suppose que des facteurs environnementaux et génétiques contribuent à la contraction de cette maladie. Des mutations dans au moins quatre gènes prédisposant à la maladie d'Alzheimer ont été identifiées. Ils sont particulièrement en cause dans les cas familiaux à début précoce, qui représentent moins de 5% des patients atteints. Pour la forme dite sporadique de la maladie d'Alzheimer, plusieurs gènes de susceptibilité (tel que l'ApoE) ont été identifiés.
Jusque dans les années 1960, on supposait que la maladie était rare, mais plus tard on s'aperçut que dans beaucoup de cas, ce que l'on avait pris pour des aspects normaux de la sénescence relevait en fait de cette maladie.
Le premier symptôme frappant est la perte du souvenir des événements récents (amnésie); elle se manifeste initialement par des distractions mineures qui s'accentuent progressivement avec la progression de la maladie, tandis que les souvenirs plus anciens sont relativement préservés. Par la suite, les déficits cognitifs s'étendent aux domaines du langage (aphasie), de l'organisation des mouvements (apraxie), de la reconnaissance visuelle (agnosie) et des fonctions exécutives (telles que la prise de décision et la planification). Ces derniers symptômes reflètent en particulier le processus pathologique de dégénérescence atteignant les lobes frontaux du cerveau. Ces changements psychologiques influent sur les qualités humaines essentielles et pour cette raison la maladie d'Alzheimer est quelquefois décrite comme une maladie où les victimes subissent la perte de qualités qui forment l'essence de l'existence humaine.
On distingue habituellement une forme "sporadique", de loin la plus commune chez la personne âgée, et une "forme familiale", débutant plus précocément.
La maladie d'Alzheimer explique plus de la moitié des cas de démence de la personne âgée. La prévalence de la maladie augmente fortement avec l'âge.
En France, l'étude "PAQUID" (1988-2001) a fait ressortir que 17,8 % des personnes de plus de 75 ans sont atteintes de la maladie d'Alzheimer ou d'un syndrôme apparenté. D'après une évaluation ministérielle de 2004, environ 860 000 personnes seraient touchées par la maladie. Un chiffre qui pourrait atteindre 1,3 million en 2020 et 2,1 millions en 2040. On dénombre environ 225 000 nouveaux cas par an.
La prévalence de la maladie augmente s'il existe des antécédents de traumatisme crânien ou de maladie vasculaire. Cette augmentation peut cependant s'expliquer par une lyse neuronale rendant la maladie symptomatologiquement plus précoce.
Moins de 1% des cas sont d'origine purement génétique, caractérisés par l'apparition des signes avant 60 ans et une transmission autosomique dominante (la moitié de chaque génération est atteinte).
Diagnostic: la maladie se présente sous forme de troubles de la mémoire ou du comportement, évoluant progressivement vers une démence. Les troubles cognitifs peuvent être évalués plus finement par un interrogatoire standardisé (formulaire). Des troubles de l'humeur y sont fréquemment associés. À une phase tardive apparaît une altération de l'état général avec dépendance pouvant aller jusqu'à une dénutrition, voire le décès.
Le dépistage précoce de la maladie d'Alzheimer est un élément majeur pour un meilleur traitement, et une meilleure aide des malades et de leur entourage.
L'installation de troubles intellectuels portant de manière partielle ou complète sur:
- la mémoire: amnésie des faits récents puis anciens
- des troubles des fonctions exécutives (c'est-à-dire d'organisation et de réalisation d'une tâche complexe, comme par exemple remplir sa feuille de déclaration d'impôts)
- des troubles du langage (aphasie amnésique) caractérisés par des oublis de mot
- des troubles de la praxie: apraxie (c'est-à-dire de réalisation de gestes complexes: par exemple utiliser la machine à laver)
- une agnosie (troubles de reconnaissance, par exemple de panneaux routiers, puis de visages etc)
Tous ces troubles ont un retentissement socio-professionnel. Leur évolution se fait de manière progressive et irréversible.
L'ensemble de ces troubles peut être évalué par un test psychométrique: le MMSE (Mini Mental State Evaluation, ou Test de Folstein), établi sur une échelle de 30 points. Un score inférieur à 24/30 est suspect de démence. Ce résultat doit cependant être interprété selon le niveau socioéconomique du patient (un haut niveau peut améliorer le score et donc fausser le test), de même qu'il faudra s'assurer de l'absence de confusion avant sa réalisation.
Une évaluation neuropsychologique peut être réalisée, évaluation qui comprend de nombreux tests psychométriques, parmi lesquels (outre un MMSE): un test dit de l'horloge (explore la praxie), un test de rappel (explore la mémoire)...
Des chercheurs tentent de créer un vaccin qui préviendrait cette démence. Cette voie de recherche reste prometteuse.
Bien qu'il n'y ait pas de réelle méthode pour se protéger de la maladie d'Alzheimer, certains individus sont moins enclins à développer la maladie que d'autres, et cela est généralement dû à leur passé: les personnes ayant suivi de longues études auraient eu plus de temps pour développer leur mémoire, et courent donc moins de risques de souffrir de la maladie. Une alimentation riche en vitamines C et E serait également protectrice.
De nos jours, détecter bien plus tôt l'Alzheimer devient possible. Un programme d'intelligence artificielle, né d'une collaboration entre deux laboratoires français (ESPCI-Paris, ISC-Lyon) et l'institut japonais RIKEN, a appris à distinguer les signes annonciateurs des troubles cognitifs bénins de ceux évoluant vers cette maladie. Le taux d'erreur est de 7%.
Il serait possible de diviser par 2 le risque de développer la maladie d'Alzheimer en conservant une activité cognitive simple telle que lire un journal, jouer aux échecs, fréquenter les librairies, etc. Cette diminution de risque n'est imputable qu'aux activités cognitives actuelles des personnes âgées. Celles pratiquées dans le passé n'auraient aucune influence sur le déclin cognitif lié à l'âge.
Selon les travaux de recherche présentés lors du 4e Symposium scientifique international sur le thé et la santé humaine qui s'est tenu à Washington D.C. en janvier 2008, "le thé vert aurait une incidence directe sur les fonctions cérébrales, car il contribue à la préservation de ces fonctions et à la réparation des cellules endommagées". Ces travaux scientifiques constatent que la consommation de thé réduirait le risque d'être atteint de démence et d'autres maladies neuro-dégénératives comme le Parkinson et l'Alzheimer.
Actuellement, il n'existe aucun traitement guérissant la maladie d'Alzheimer, ni même permettant d'arrêter son évolution, mais il existe quelques médicaments susceptibles de retarder l'évolution de la maladie. Ils permettent d'atténuer les pertes de mémoires, les problèmes de langage et de raisonnement, ou bien tout simplement de ralentir au moins en apparence la progression de la maladie. Ces médicaments ne sont pas permanents et ne sont pas toujours efficaces.
Il existe un autre type de traitement, non médicamenteux, la rééducation: certains cours permettent au malade et à ses proches de vivre au quotidien avec la maladie, tandis que d'autres réhabituent le malade à vivre de manière autonome. Les thérapies occupationnelles, visant à stimuler l'attention des malades, ont également une certaine efficacité.
Dans les pays occidentaux, la famille a des ressources limitées en temps pour offrir à la personne malade le soutien dont elle a besoin de façon de plus en plus continue au fur et à mesure de l'évolution de la maladie. Pourtant, dans 70 % des cas, c'est la famille qui prend en charge la personne malade et lui permet de rester à domicile.
On a pris conscience de l'apport considérable de ces aidants "naturels" et les professionnels se rendent compte que "l'aide aux aidants" est probablement une des manières de répondre à cet énorme défi de santé publique.
Démographiquement, la catégorie d'âge la plus touchée (80 ans et plus) est en train de s'accroître. Il faut donc améliorer sans tarder le système des soins offerts aux personnes atteintes par la maladie d'Alzheimer, et surtout à leurs proches.
les ressources humaines
Services de soins à domicile = SSIAD
Il est possible d'avoir à domicile des soins infirmiers ou d'hygiène par un infirmier libéral et d'autres soignants (kinésithérapeute, orthophoniste...).
L'aide ménagère / l'emploi d'une personne à domicile
L'aide à domicile est l'intervention d'une personne salariée qui se rend à domicile pour assurer différentes tâches.(ménage, repassage, lessive, courses, préparation du repas et/ou soins de base d'hygiène et de toilette courante...)
Ce salarié peut être toute personne, excepté le conjoint de la personne malade.
L'aménagement du lieu de vie
Il ne faut pas hésiter à se faire aider par des personnes compétentes (conseillère en économie sociale et familiale, ergothérapeutes, assistants de service social...)
Les aides matérielles
portage des repas, service de blanchisserie, livraison de courses, téléalarme...
Les aides financières
Majoration pour tierce personne de la Sécurité Sociale si l'état de dépendance a été reconnu avant 65 ans
Allocation compensatrice tierce personne attribué par la MDPH (Maison Départementale de Personnes Handicapées) si la personne malade a moins de 60 ans et s'il s'agit d'un renouvellement postérieur au 1er Janvier 2006. S'il s'agit d'une première demande cette allocation est remplacée par la prestation de compensation volet aide humaine ; Il existe également des volets aides techniques et aménagement du logement.
Allocation personnalisée d'autonomie (APA):
attribuée aux personnes âgées (de plus de 60 ans) dépendantes ayant des difficultés pour accomplir des gestes ordinaires de la vie quotidienne
son montant varie en fonction du degré d'autonomie de la personne âgée et de ses ressources
la perte d'autonomie est évaluée grâce à un grille nationale (la grille AGGIR) qui classe les personnes âgées en 6 groupes : du groupe GIR1, le plus dépendant, au groupe GIR, le moins dépendant
Allocations logement ou aide personnalisée au logement (APL) attribuées par la (Caisse d'allocations familiales)
La prestation de garde à domicile de la CNAVTS, pour des situations d'urgence temporaires, concerne uniquement les personnes dont la caisse de retraite principale est la CNAVTS ou la CRAM (Caisse régionale d'assurance maladie) et sous certaines conditions.
Pour les aides matérielles :
Certains appareils ou matériel médical installés au domicile du patient peuvent êtres loués ou achetés et pris en charge par la Sécurité Sociale. Pour les achats et locations importants, il faut demander un avis et faire une demande d'entente préalable auprès de la Sécurité Sociale.
Le plan Alzheimer en France
Le plan Alzheimer est un plan pour la prise en charge des troubles de la maladie d'Alzheimer en France et de ceux qui y sont liés. Après deux versions dont les objectifs ont globalement été atteints, une dernière version a été rendue publique en novembre 2007. Elle est entrée en vigueur le 1er janvier 2008 et couvre la période 2008-2012.
Pour le plan Alzheimer, trois versions se sont succédé : 2001-2005, puis 2004-2007, et enfin 2008-2012
Le plan Alzheimer 2008-2012
La commission chargée de la préparation du plan est présidée par Joël Ménard, ancien directeur général de la santé. Elle comprend dix membres choisis pour leurs connaissances sur cette maladie. Elle s'appuie sur le travail de huit groupes d'experts. Chaque groupe a son thème spécifique.
Les orientations du plan Alzheimer 2008-2012 sont le renforcement de la dimension éthique de la prise en charge de la maladie, le développement de la recherche médicale, la simplification et l'amélioration du parcours du malade et de sa famille, dans toutes ses dimensions, l'amélioration de la prise en charge de l'apparition précoce de la maladie d'Alzheimer (environ 10.000 nouveaux malades, chaque année, âgés de moins de 60 ans).
Le 21 septembre est la « journée mondiale de la maladie d'Alzheimer » depuis 1993.
FA Association France Alzheimer 0811 112 112